Les mots pour se dire
La clinique - Limoges
Chaque mois une , une réflexion autour de la clinique psychanalytique à Limoges.
Le génie du docteur Nasio et sa transmission de la psychanalyse.
J'ai commencé à m'intéresser à la santé psychique, et plus particulièrement à la mienne, à l'âge de 24 ans. C'est à cette époque que j'ai commencé à ressentir une souffrance profonde.
Lorsqu'on est jeune, on parvient souvent à supporter beaucoup de choses, Jusqu'au moment où le psychisme n'est plus en mesure de contenir cette souffrance et où le corps commence, à son tour, à en porter les marques.
J'ai alors entrepris une psychothérapie qui a duré plusieurs années. Parallèlement, je me suis plongée dans la lecture et l'étude, animée par une curiosité constante pour la compréhension de la psyché humaine. J'ai consulté différents thérapeutes, psychothérapeutes et psychologues, tout en poursuivant ce travail de réflexion personnelle.
C'est à l'âge de 39 ans que j'ai commencé une psychanalyse. Ce long cheminement, à la fois personnel, clinique et intellectuel, me permet aujourd'hui de porter un regard plus élaboré sur mon histoire, sur mon vécu et sur ce qui m'habite.
C'est de cette expérience, nourrie par les années de travail sur moi-même et par mes lectures, qu'est née la réflexion que je propose aujourd'hui dans ce texte.
Depuis plus de dix ans, j'ai le privilège de suivre les séminaires du docteur Nasio à Paris.
Aujourd'hui, je fais partie de son école, où j'étudie les textes des grands auteurs de la psychanalyse. Se retrouver face à une personnalité d'une telle envergure humaine et intellectuelle est une expérience exigeante.
Pour ma part, cela m'a toujours poussée à travailler davantage, à approfondir ma réflexion et à tendre vers l'exigence que requiert la psychanalyse.
Le docteur Nasio consacre sa vie à transmettre la psychanalyse. À travers ses livres, ses séminaires et son enseignement, il a permis à un très large public de découvrir cette discipline et d'en mesurer toute la richesse. Comme je l'ai souvent confié au docteur Nasio, je pense que la psychanalyse ne s'intellectualise pas d'abord.
Elle se vit. Elle se traverse dans sa chair, dans son histoire, dans ses blessures, dans son propre parcours analytique.
C'est seulement ensuite qu'elle peut être pensée, élaborée et intellectualisée. C'est précisément ce que m'inspire le parcours de Sigmund Freud. Avant d'élaborer une théorie, il a été un chercheur. Il a observé ses patientes et ses patients avec une curiosité clinique exceptionnelle. Il a écouté, cherché, remis en question ses propres hypothèses, poursuivi une profonde auto-analyse et tenté de comprendre, avec une immense rigueur, ce qui faisait souffrir les êtres humains.
C'est à partir de cette expérience humaine et clinique qu'il a progressivement élaboré sa pensée. À mes yeux, la théorie freudienne de la sexualité est encore trop souvent mal comprise. Chez Freud, elle ne désigne pas seulement la sexualité au sens courant du terme, elle renvoie à la vie pulsionnelle, au désir, cette force qui anime tout être humain dès le début de son existence.
Il en va de même pour Françoise Dolto. Ses détracteurs lui ont souvent prêté l'idée de « l'enfant roi », alors que sa pensée est tout autre. Elle n'a cessé de rappeler que l'enfant est un sujet à part entière, digne d'être écouté, entendu et respecté dès sa naissance.
Donald Winnicott, Melanie Klein, Sabrina Spelrenne et de nombreux autres psychanalystes ont, chacun à leur manière, enrichi cette compréhension du sujet.
Pour comprendre la psychanalyse, il ne suffit pas de la commenter de l'extérieur. Elle demande d'être étudiée avec rigueur, mais surtout d'être vécue, traversée et travaillée.
C'est dans cette rencontre entre l'expérience analytique, la clinique et l'étude des textes que se construit, selon moi, une véritable compréhension de la psychanalyse.
Je mesure chaque jour la chance de poursuivre cet apprentissage auprès du docteur Nasio. Son exigence intellectuelle, sa rigueur clinique et son engagement dans la transmission sont, pour moi, une source d'inspiration permanente. Ils me rappellent qu'en psychanalyse, on ne cesse jamais d'apprendre, de travailler, de chercher et de transmettre.